Avec

  • Sophie Berlioz, docteur en philosophie et chercheuse en sciences sociales (ehess, ens-ulm)
  • Antoine Defoort, plasticien-performer
  • Guillaume Gilliet, comédien
  • Tiphaine Karsenti, maître de conférences au Département des arts du spectacle de l’Université Paris Nanterre
  • Pascal Kirsch, metteur en scène
  • Gwenaël Morin, metteur en scène
  • Bérangère Vantusso, metteure en scène
  • Mariette Navarro, autrice-dramaturge
  • Camille Sauvage, auteure-illustratrice

À quoi sert le temps ? (Je parle du temps réel, concret, et non pas de ce temps abstrait qui n’est qu’une quatrième dimension de l’espace). Tel fut jadis le point de départ de mes réflexions. (…) Je m’aperçus, un beau jour, que le temps n’y servait à rien, qu’il ne faisait rien. Or ce qui ne fait rien n’est rien. Pourtant, me disais-je, le temps est quelque chose. Donc il agit. Que peut-il bien faire ? Le simple bon sens répondrait : le temps est ce qui empêche que tout soit donné tout d’un coup. Il retarde, ou plutôt il est retardement. Il doit donc être élaboration. Ne serait-il pas alors véhicule de création et de choix ? L’existence du temps ne prouverait-elle pas qu’il y a de l’indétermination dans les choses ? Le temps ne serait-il pas cette indétermination même ?
Henri Bergson - la pensée et le mouvant 1934*

Bérangère Vantusso, Mariette Navarro, Pascal Kirsch et Gwenäel Morin se réuniront à huis clos pour réfléchir et échanger sur la façon dont les temps de création façonnent les œuvres et parfois même, les formatent, tant les injonctions extérieures sont fortes.

Ils seront accompagnés par Tiphaine Karsenti qui se prêtera à l’exercice de la modération et par Sophie Berlioz qui aura pour mission de mettre en perspective leurs partages d’expérience avec la philosophie et les sciences sociales.


LE SAMEDI 30 SEPTEMBRE, le Studio-Théâtre ouvrira ses portes de 14H A 18H30 pour une restitution publique de leur réflexion : un temps de partage convivial où se mêleront tables rondes, lectures poétiques par Guillaume Gilliet et découverte de La méthode des flux amalgame baroque de divers protocoles de gestion des trucs à faire, inventée et présentée par Antoine Defoort.


Vendredi 29 SEPTEMBRE à 12h15, 17h30 et 19h

TEMPO une performance d’Alice Laloy

→ Devant la vitrine de l’ex-librairie Lenfant
(2, avenue du Parc Vitry-sur-Seine)
Une succession d’expériences invite le spectateur à assister huit fois à une minute qui passe, à observer le rythme du temps de manière personnelle.
En partenariat avec la 5eme édition du festival Mur/Murs de Vitry-Sur-Seine.

Distribution

Conception et écriture : Alice Laloy assistée de Floriane Jan
Collaboration musicale : Eric Recordier
Construction : Benjamin Hautin
Régie son-lumière : (en fonction des périodes) Floriane Jan, Jane Joyet, Alice Laloy ou Eric Recordier
Avec la précieuse participation de Stéphanie Farison et de Jean-Yves Courcoux
Avec : Yann Nédélec

Production

Production : Compagnie S’Appelle Reviens

Co-production

Le Fracas – CDN de Montluçon

Tout est relatif

Tout part de la sensation qu’il y a des minutes plus longues que d’autres. Derrière la vitrine, une succession d’expériences invite le spectateur à assister huit fois à une minute qui passe.
Une minute, on en connaît la mesure : 60 secondes, un soixantième d’heure. Ici, on nous propose d’observer le rythme du temps de manière personnelle et subjective.
Tempo est une pièce en 8 mouvements fixes pour une machinerie aléatoire.

Invitation à l’expérimentation

« L’Homme créa la première minute de 60 secondes.
Puis, il créa les minutes suivantes à l’image de la première.
Et pourtant,
Il y a des minutes qui passent plus vite que d’autres.
Face à ce mystère, nous vous présentons cette expérience en 8 tableaux d’une minute.
Pour mieux délimiter la minute :
Ce son-là, …. Marque le début de la minute. C’est le moment pour vous d’ouvrir les
yeux.
Ce son-là, …. Marque la fin de la minute. C’est le moment pour vous de fermer les yeux.
Ce son-là, …. Est un temps mort entre deux minutes. Vos yeux restent fermés.
Prêts ? »

Let’s Slow

Quelle tournure prend le temps quand on regarde une image ?
Quelle allure a le temps quand on crée cette image ?
C’est à partir de ces premières questions qu’a commencé le processus de recherche qui a mené à l’écriture de Tempo. Daniel Arasse, en regardant l’escargot qui figure en bas de l’Annonciation peinte par Francesco del Cossa en 1470 prend le temps de se demander : « Pourquoi cet escargot ? ». Il cherche, longtemps, puis : « Vous savez ce que c’est : on réfléchit, on réfléchit, on n’avance pas et puis, tout d’un coup, ça y est, on voit. » (D.Arasse - On n’y voit rien)
Convaincu de la nécessité d’avoir du temps à prendre pour y voir quelque chose, pour regarder comme pour construire une image, Tempo s’inscrit de manière ludique avec le désir de se positionner un peu plus vers la tendance slow que vers la mode du speed.