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En décembre nous retrouverons Jean-Paul Delore (déjà présent au Studio-Théâtre comme metteur en scène de Beur2KO et comédien dans LES VAGUES), pour la création en résidence de son nouveau spectacle STER CITY. Une histoire pour petits et grands jouée par deux acteurs hors-normes remaniant l'espoir et l'esthétique de la catastrophe pour dire la mémoire ou l'ultra-contemporain de Johannesburg et, par certains aspects, de toute l'Afrique du Sud… vendredi 16 décembre à 20h30 Ster City théâtre musical tout public (dès 10 ans) mise en scène Jean Paul Delore avec Dominique Lentin Production : LZD Lézard Dramatique / Théâtre de Sartrouville et des Yvelines-CDN / Studio-Théâtre de Vitry / TNP Villeurbanne – avec le soutien du Tarmac-la scène internationale francophone - avec l’aide à la production d’Arcadi et le soutien de la Spedidam – LZD Lézard Dramatique est en convention avec la DRAC Rhône-Alpes et avec la Région Rhône-Alpes
Jean-Paul Delore et la compagnie L.Z.D. Lézard Dramatique proposent de novembre 2011 à avril 2012 quatre créations : LANGUES ET LUEURS, STER CITY, ILDA ET NICOLE, SANS DOUTE. Quatre spectacles réunis sous le titre : Les dernières nouvelles de l’en-delà. Un voyage théâtral, musical, littéraire et plastique, interprété en français, lingala, zulu, afrikaans, portugais et anglais, par 15 comédiens et musiciens rencontrés ces 10 dernières années à Kinshasa, Lyon, Brazzaville, Maputo, Paris, Rio de Janeiro et Johannesburg. Ces spectacles seront présentés au Théâtre de Sartrouville et des Yvelines – CDN, au Tarmac – la scène internationale francophone, au Théâtre Paris-Villette, au TNP Villeurbanne, au théâtre de Vénissieux, au Théâtre de St Quentin en Yvelines – Scène Nationale et au Centre Culturel André Malraux – Scène Nationale de Vandoeuvre-Lès-Nancy. Vous pouvez consulter le calendrier complet des spectacles ici.
JEAN-PAUL DELORE : JOHANNESBURG, L’AFRIQUE DU SUD… DES QUESTIONS NÉES LÀ-BAS MAIS QUI RÉSONNENT ICI » Pourriez-nous raconter la naissance de ce spectacle ? Jean-Paul DELORE : Je suis allé à plusieurs reprises ces dernières années à Johannesburg. J'y ai rencontré des individus, des artistes, des lieux... J'ai été invité, en 2009, à participer aux « Scénographies Urbaines ». J'ai appris peu à peu à aimer cette ville complexe. Curiosité, fascination, inquiétude, incompréhension, ce sont ces sensations qui m'ont donné envie d'imaginer ce spectacle. Ster City c’est où ? C’est quoi ? C’est comment ? C'est un ancien cinéma abandonné, énorme, en plein centre de Johannesburg. Ce multiplex, luxueux dans les années 70 et 80, réservé aux blancs, est aujourd'hui fermé et dévasté mais, partout autour, la vie grouille de mouvements, d'échanges, de trafics... Des milliers de femmes, d'hommes et d'enfants, venus de tout le continent africain ou des quartiers périphériques s'établissent ou transitent dans cette partie de la ville. Un port vivant, sans océan... Tout part de ce lieu mais après… comment naît le spectacle ? Depuis une dizaine d'années nous réalisons tous nos spectacles dans des grandes villes à travers le monde. Nous avons appelé ces résidences itinérantes les « Carnets Sud Nord ». Quand j'ai rencontré Nicholas Welsh puis Lindiwe Matshikiza, les deux acteurs sud africains du spectacle, j'ai senti que nous pouvions nous retrouver autour de quelques principes qui façonnent ces Carnets où circulent des artistes voyageurs qui se cooptent en étant probablement guidés par leur goût commun pour l'abstraction de certaines formes littéraires et musicales écrites, orales ou improvisées, par la mise en jeu de leur curiosité pour le traitement de l'image (photo, vidéo, web) ou encore par leurs relations quasi organiques avec les arts plastiques (corps humain / matière vivante). Quelles impressions (Quels souvenirs ? Quelles images ?) avez-vous gardé(e)s de Johannesburg ? De l’Afrique du sud ? J'aimerais pouvoir rendre compte de cette impression de « l'hyper présent », ce « very strong present » ressenti à Joburg. Car je ne sais pas raconter les souvenirs, les images de tous ces voyages et c'est sans doute cette carence qui me conduit à faire des spectacles. Nous avons rencontré des personnes, des lieux, des sons, des langues et nous avons essayé de faire du théâtre là bas. Et maintenant ici ! Le spectacle laisse entendre plusieurs langues (français, anglais, zoulou, afrikaans) pourquoi ce choix d’une multiplicité des langues ? L'Histoire de l'Afrique du Sud est faite de tant de mouvements de population, choisis et subis... Peut être la diversité des langues nous aide-t-elle à évoquer non pas l'histoire des endroits mais plutôt le mouvement lui-même. Et plus simplement, je suis depuis longtemps intrigué par le fait que, suivant l'endroit où l'on est né, où l'on grandit, où l'on vit, on n'émette pas les mêmes sons pour s'approcher de l'autre. Je suis intrigué par la matière d'une langue, avant même le sens :le grain, les sonorités, le rythme, les accents, tout ce qui fait la musique d'une langue ; mais aussi les mots intraduisibles, les faux amis d'une langue à l'autre, les mélanges de langue dans une conversation, dans une phrase, les efforts pour parler une langue qu'on ne connait pas c'est à dire ce champ qui voit se combiner désir, frustration et énervement. Et puis, en quelle langue pense-t-on ? En quelle langue rêve-t-on ? Ou, comme le dit l’écrivain mozambicain, Mia Couto, en quelle langue on se tait… Le texte (les textes) quel est-il (quels sont-ils) ? Depuis le début de l'aventure « Carnet Sud Nord », il y a la tentative de décrire l'individu enfant, femme ou homme comme un héros de la civilisation du désastre, jouisseur et victime du chaos. Avec « Ster city », l'ordonnancement des faits marquants de l'Histoire sud africaine, de la préhistoire à nos jours, racontée à un public à partir de dix ans, constitue l'essentiel de la trame. Pourquoi avoir choisi d’adresser plus particulièrement ce spectacle aux jeunes spectateurs ? Héraclite dit «le temps est un enfant qui joue». A qui appartient la vérité de l'Histoire de n'importe quel pays qui avance par autant de renversements, de mélanges, d'aventures, d'échecs et d'espoirs ? On ne tranchera pas la question, évidemment. Nous allons dire au jeune public de Ster City : il y a des questions et une sécheresse de réponse, sur ces événements qui se sont échappés, ces couleurs de peau et de paysages controversés, ces animaux « réservés » et sauvages, ces cartographies provisoires... Ce sont des questions nées là-bas mais qui raisonnent ici, et rendre compte de cette difficulté à répondre aujourd'hui, peut prendre une saveur particulière pour le public de tout âge au moment où l'Europe n'en finit pas de s'interroger sur sa propre identité... Cette Europe aussi omniprésente que minoritaire ces cinq derniers siècles sur ces terres australes qu'on ne peut réduire à l'invention là bas de cette monstruosité que fût le développement séparé ou apartheid mais qui devra bien admettre que le berceau de l'humanité ne se situe pas du coté des grottes de Lascaux... Quels sont selon vous les ingrédients spécifiques d’un théâtre « jeunes publics » ? Est-on aujourd’hui plus ou moins libre dans le choix des sujets et la manière de les aborder pour une jeune public ? N’y a t-il pas une forme nouvelle de censure (d’autocensure) ? A l’inverse certains sujets, jadis tus, ne sont-ils pas abordés ? Je n'ai pas l'expérience du théâtre jeune public ; donc là aussi nous arrivons en terra incognita , ce qui, espérons-le, est un atout ; de fait, je ne sais toujours pas si une catégorie particulière de public implique un genre particulier de théâtre ; on peut continuer de rêver que c'est l'œuvre qui crée son public et non l'inverse et d'ailleurs j'insiste sur le fait que « Ster City » est un spectacle tout public à partir de 10 ans. Vouloir raconter l'Histoire de ce pays à ce « tout public », en une heure seulement est un pari à peu près aussi stupide qu'un concours du meilleur mangeur de saucisses, mais finalement toutes ces contraintes nous obligent à un traitement abstrait de l'histoire, un théâtre avant tout mental, dont je suppose qu'il puisse réunir le vieux et le jeune public. La plupart des spectacles du programme Carnet Sud Nord sont écrits de façon non linéaire, par associations d'idées, faisant la part belle à la dérive de fragments, ne cherchant pas forcément à introduire une hiérarchie entre le détail et le général. Il en va peut être de tout spectacle, de tout poème comme de toute destinée et de toute mémoire individuelle ou collective : comment l'unité d'une personne ou d'un peuple, n'est pas menacée par le chaos apparent de la pensée, des rencontres, de la diversité des influences ou des comportements. Cette réflexion là, par exemple, exténuante et apaisante, je crois qu'un enfant de dix ans peut très bien la saisir car tout simplement cela fait déjà dix années qu'il en fait l'expérience jour après jour. Je ne sais pas ce qu'un individu à partir de dix ans a la permission d'aimer. Mais je peux lui montrer que, moi, j'aime les plis, les courbes, les tiroirs, les paysages et les phrases non finies, les enfants compliqués, les clichés d'organes vitaux et Google Earth, les bâtards, les peintures rupestres, les corps mélangés et fragmentés car peut être amoureux, morts ou seulement somnolents..... Peut-on tout dire aux jeunes spectateurs ? Ma question allait dans le sens : y a t-il des sujets que l’on ne peut pas aborder avec un jeune public – ou que l’on aborder différemment ? Tout ? N'est ce pas un peu trop ? Plus ça va et plus nous sommes loin du « tout ». Propos recueillis par Bernard Magnier pour le Tarmac, octobre 2011
UNE HISTOIRE En mars 2009, j'ai été invité par l’Institut Français d’Afrique du Sud, les Scénographies Urbaines et le Joubert Park Project à Johannesburg pour travailler dans un de ces lieux qui, dès l'instant où vous le découvrez, vous met les nerfs à vifs, vous noue le ventre, vous laissant sans voix pour peu que le sens du ridicule vous retienne en travers de la gorge les mots : “légendaire” / “contradictoire” / “extraordinaire”... J-P Delore, mars 2011 Jean-Paul Delore est metteur en scène, auteur et comédien, sous la direction de Bruno Boëglin, Yves Charreton, Robert Gironès, Marie-Christine Soma et dans ses propres spectacles. Directeur artistique de la compagnie lyonnaise LZD Lézard Dramatique, il écrit et crée : Départ (82), Encore (92), Dommages (95), Suite (97), Divagations régionales (98), Absences de problèmes (00), et met aussi en scène des textes de E. Delore (Départ, Artic Bay, À L'Ouest), E. Joannes (La forêt des Zuckers) puis de M. Couto, M. Bey Durif, E. Durif, H. Michaux, Ph. Minyana, N. de Pontcharra, J.Y Picq, R.M. Rilke, J.M.Synge, S.L.Tansi. LZD a été en résidence jusqu'en 2002 à Vaulx-en-Velin. Nick (Nicholas Richard Holmes Pule) Welch Acteur, clown, linguiste, rappeur… Lindiwe Matshikiza Comédienne, auteur, metteur en scène, réalisatrice.
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Avril les 2, 16 et 30 les 14 et 28 Juin les 11 et 25